





La Libre

Boris Mestchersky: l'enfance de l'art
D'ou vient t-il, ce Boris Mestchersky à la haute stature, à l'oeil limpide,
à la barbe de doux prophète, pélerin nostalgique d'un paradis perdu?", Interroge
Jacques
Henrard (voir biographie) alors qu'il présente l'exposition consacrée à
l'artiste russo-liégeois par la galerie d'art Faubourg Saint-Gilles.
Il y a bien quelques repères biographiques : l'exil de sa famille au moment
de la révolution russe et son installation en Belgique, les études faites à
l'école Saint-Luc à Liège, les voyages répétés en Europe et Amérique du Sud,
l'installation récente -et qui ne doit rien avoir de fortuit - dans une gare
désaffectée.
"Sa jeunesse ne fut qu'une incessante et parfois éprouvante pérégrination ",
commente Jacques Henrard, avant de se tourner vers sa peinture. Toute son histoire
y est inscrite, y compris celle de ses gènes et de son cheminement intime".
Sans que l'œuvre de Boris Mestchersky ne soit tortueuse ou nombriliste pour
autant. Ainsi les questions posées à propos de l'artiste trouvent-elles leurs
réponses dans des peintures très colorées, persistances rétiniennes de ses voyages
au Guatemala et au Mexique.
Couleurs vives pour des thèmes qui doivent beaucoup à l'enfance : " La peluche",
" Le petit cheval ", " les jouets"... Autant de tableaux où ces figures poétiques
règnent sur un monde foisonnant de formes abstraites. L'art des icônes russes
n'est pas loin.
Les influences sont nombreuses -Boris Mestchersky n'est pas fils de l'exil et
enfant du voyage en vain -: elles fondent joyeusement une oeuvre riche et personnelle,
mais en laquelle beaucoup pourront se reconnaître. L'explication de Jacques
Henrard -. " Qui peut résister à l'enfance, la vraie, qui n'est pas mignardises,
mais ouverture inconditionnelle au monde ? "
La Meuse
Reste " la débrouille ": Nada, Boris et Anastasio Mestchersky, unis comme les doigts de la main, ont sillonné la France du Sud en vendant leurs gouaches et leurs gravures, de terrasse de café en restaurant; pour remercier ceux qui leur permettaient de planter leur tente dans leur propriété, ils faisaient le portrait des enfants, croquaient la maison accueillante…Ils n'ont gardé de cette errance que des souvenirs de bonheur, de fraternité humaine. Rentrés en Belgique - difficile de s'établir dans un pays étranger quand on n'est même pas connu dans son propre pays; ils poursuivent leur quête d'un monde meilleur: Anastasio apprend l'ébénisterie en cours du soir, dessine et, pour boucler les fins de mois difficiles, vend dessins et gravures dans les établissements de bouche du centre de Bruxelles. Moi aussi il m'arrive de vendre aux tables des restaurants, raconte Boris, mais cela devient plus difficile avec l'âge parce qu'on n'est pas toujours bien reçu. Mais on se débrouille.
Tous pour un, un pour tous! Nada et Boris se sont attaqués à la fondation d'une sorte de phalanstère ou de "Bateau-Lavoir " entre Huy et Modave, dans la gare de chemin de fer désaffectée de Barse, le long d'une voie envahie d'herbes folles qui deviendra bientôt le Ravel (réseau de pistes trans-wallonnes). On aimerait accueillir ici d'autres artistes, ouvrir notre porte, comme des artistes français nous ont ouvert la leur, rêve Nada, peintre elle aussi.
En fait, juge Boris, l'artiste est devant le galeriste comme l'ouvrier, qualifié qui doit prouver son expérience: se présenter avec des photos de son travail ne suffit pas ; les galeries osent rarement prendre des risques ; beaucoup se spécialisent. Quand j'arrive avec ma peinture... Les couleurs de l'espoir teintent néanmoins leur palette. Projet d'avenir proche: au début de décembre, une exposition qu'ils feront à Barse, consacrant une partie de leur gare à une salle d'exposition... Permanente?
MICHEL HUBIN "Le Soir"
Un autre journal local insistera davantage sur "le monde fantastique des couleurs, huiles et gouaches, montrant chez ce slave-méditéranéen une grande nostalgie de l'Espagne"(2).
Notre peintre prouve encore sa "sensibilité de coloriste alliée à un remarquable goût de l'interprétation"(3) dans sa seconde exposition, le 21 avril 1995, à la galerie des Beaux-Arts à Verviers. Encore une fois, Le Jour- Le Courrier est à nouveau présent et nous confie l'expressionnisme de son univers pictural qui est en même temps, une synthèse personnelle de différents courants culturels. Son travail de la gouache est inhabituel et ses huiles lui promettent un avenir certain. Voici un résumé de la pensée d'un journaliste qui ne semble pas déçu de son déplacement aux Beaux-arts de Verviers.
Un article de La Libre Belgique annonce une "découverte heureuse" le 3 avril 1996 quand Mestchersky expose à la galerie Arcane à Liège. Boris reçoit alors un éloge d'un journaliste très critique: Jean Jour. Pour celui-ci, ses peintures sont non-seulement agréables à la vue par le mélange harmonieux des formes et des couleurs mais "montrent de-ci de-là une aisance certaine dans le figuratif, en rattachant brusquement à la réalité ce qui n'était qu'imaginaire". " Voilà un artiste, curieux, dans tous les sens du terme, mais incontestablement à suivre "(4). Un article comme celui-ci et le succès qu'a eu cette exposition ne peuvent qu'encourager Boris Mestchersky à en préparer une autre.

C'est après onze mois de travail qu'il présenta à nouveau ses oeuvres au château de la Mostée à Huy. Des journalistes de deux journaux différents sont alors présents. Remplir les deux salles du château de la Mostée est un événement qui a bien entendu attiré l'attention du public. Un article tiré du journal La Meuse du 26/05/97 souligne l'importance des thèmes bibliques, historiques ou d'actualité et ses différentes sources d'influence. Un journaliste de Vers l'Avenirs fut, lui aussi, subjugué par le mouvement et la couleur de ses tableaux et affirme également que sa toile "devient un vaste puzzle où chaque pièce, à sa place exacte, remplit son incontournable fonction dans la cohésion terminale "(5).
Pour conclure, on remarque que Boris Mestchersky est directement apprécié par la presse. Le mélange harmonieux des couleurs et des formes séduisent au premier coup d'oeil et les interprétations personnelles ne finissent pas de nous étonner. Ces articles qui sont plus importants après chaque exposition, ont encouragé et encouragent encore l'artiste à progresser dans son métier qui est avant tout un art.