Mais revenons à l'aspect plus matériel de chaque outil en commençant par l'encre de Chine. Cette technique, chez Boris Mestchersky se fait principalement sur un papier Canson avec une plume et parfois un pinceau. La spécificité et la difficulté de cette technique vient du fait qu'il n'y a pas de couleurs. Ce manque se traduit par des textures de gris plus claires ou plus foncées. Boris Mestchersky commence habituellement par dessiner les sujets d'un ton assez clair et ensuite donne du volume, de la profondeur avec des tons plus foncés. De plus, les traits ont une grande importance en comparaison avec des peintures. C'est donc dans ce style d'oeuvre que la perception du caractère du peintre est la plus marquante., on pourrait la comparer à son écriture. Ce qui la différencie également de la peinture, c'est qu'il n!y a pas le relief de la matière. C'est donc à l'artiste de traduire ces reliefs dans un dessin plus dense ou plus claire. Cette densité du noir donne en même temps une animation à l'oeuvre. On retrouve donc souvent un découpage en zones d 'intensité. Tout l'art est d'harmoniser ces zones en leur donnant une texture différente. C'est ce qui fait aussi toute la dynamique de ces réalisations. Comme vous l'aurez certainement bien compris, l'encre de chine est une technique extrêmement complexe qui demande beaucoup de temps à l'artiste. C'est pour cela qu'il en produira peu.
Passons à une technique à peu près similaire à l'encre de chine: la gravure, appelée plus communément la pointe sèche. Le procédé est assez spécifique. L'artiste grave dans une plaque en cuivre avec une pointe en acier ou un burin. La pointe donne un trait fin mais la profondeur des traits est inégale tandis que le burin est plus précis, mais plus lent. Une fois l'oeuvre gravée, on enduit la plaque d'encre d'imprimerie. On humidifie le papier prévu spécialement pour la gravure et on le place sur la plaque. A l'aide d'une presse, on écrase le papier sur la plaque avec une pression progressive pour que chaque partie soit imprégnée avec la même force. On peut donc produire plusieurs exemplaires avec un maximum de quarante par plaque. Comme dans l'encre de Chine, il n'y a pas de couleurs et l'artiste doit donc jouer avec l'intensité du noir. La différence est qu'il n'y a pas moyen de remplir une surface de noir. Ce manque est comblé par le rapprochement des traits. L'obscurité dépendra donc de la proximité des traits. Plus ils seront rapproches, plus la surface sera foncée. Le fait de jouer sur les traits met en même temps du mouvement dans l'oeuvre.

Il y a plusieurs sortes de traits possible. Tout d'abord, comme précisé plus haut, suivant l'outil utilisé ( pointe sèche ou burin). Mais il y a aussi moyen de faire un trait plus gras ou plus net. En effet, la gravure sur le cuivre laisse des restes, des sortes de copeaux à coté du trait. Si on laisse ces bavures, l'encre s'étendra plus largement sur le papier et le trait apparaîtra plus gras. Alors que si on les enlève à l'aide d'un grattoir, le trait sera plus net.
Il faut faire attention de ne pas confondre cette technique à celle de l'eau forte. Ce dernier système consiste à déposer du vernis sur la plaque, à dessiner en grattant le vernis pour ensuite plonger la plaque dans un bain d'acide. Cette substance mord la plaque aux endroits où il y a plus de vernis. Ce procédé permet d'obtenir une profondeur des traits égale et donc des lignes plus douces, plus troubles. Ce système n'est pas utilisé par Boris Mestchersky car l'acide est nocif et pourrait nuire à son entourage. Pour conclure sur la pointe sèche, il faut savoir que ce système ne donne droit à aucune erreur car il est impossible d'effacer un trait gravé. De plus, l'artiste ne voit pas le résultat directe de son oeuvre. D'où la complexité de cette oeuvre qui est récompensée par une reproduction aisée.
Entrons maintenant dans des techniques plus colorées en commençant par la gouache. La gouache est une peinture pâteuse. Boris Mestchersky utilise, outre le pinceau, une palette qui lui permet d'étendre une couche de pâte formant des amas de couleurs et donnant ainsi du relief au tableau, Ses gouaches sont réalisée sur papier canson. Au départ, Boris Mestchersky part généralement d'un mélange de couleurs claires formant une couche de fond qui diffère pour chaque tableau. Il place ensuite les sujets, les décors, les formes, etc. au dessus. Il travaille donc avec une superposition des couleurs de manière à enrichir une couleur par une autre. L'usage du coton-tige est très présent chez Boris Mestchersky : une technique assez moderne! Avant que la couleur placée en surface ne sèche, il crée avec ces cotons-tiges des formes qui laissent apparaître la couche de fond. Ces formes donnent une dynamique, rétablissent l'équilibre et sont en même temps la signature de son style. Boris Mestchersky n'a pas de méthodes fixes pour réaliser une oeuvre. Soit il regarde les variations des couleurs du fond et à partir de cela imagine un sujet, soit il a un sujet précis et le mélange des couleurs est donc moins spontané. Il peut difficilement expliquer le mélange des couleurs, c'est spontané. Toutefois, il doit suivre certaines règles élémentaires afin de respecter l'équilibre des coloris. Enfin, la gouache est une technique bien différente des deux précédentes; Boris Mestchersky la pratique davantage et la maîtrise mieux.
Le travail de l'huile est semblable à celui de la gouache. Seule la préparation et la durée de séchage de la couleur sont différents. Boris Mestchersky préfère et utilise généralement la peinture BLOCKX qui est une peinture artisanale et donne une couleur plus transparente et plus naturelle que toutes les autres sortes de peintures synthétiques. Dans sa panoplie du "parfait petit chimiste", il a de l'huile de lin qui rend la pâte plus douce, du white-spirit et de la térébenthine qui servent à diluer la couleur. Ses huiles sont principalement réalisées sur toile mais aussi sur unalite, carton ou papier. Elles sont généralement de grands formats. Boris Mestchersky apprécie le travail de l'huîle qui pratique souvent pour préparer une exposition vu les meilleurs résultats qu'il obtient avec ce style de peinture. Boris Mestchersky utilise également le pastel.
Il utilise deux type de craies : la craie sèche qui est une poudre comme celle utilisée par les maîtres d'école et la craie grasse que l'on peut diluer. Il utilise ces craies connue des crayons mais le résultat est plus gestuel. Avec cette technique, l'artiste joue sur la transparence des couleurs que l'on peut comparer à l'aquarelle, technique qu'il ne pratique plus à présent, Les pastels ne se mélangent pas ou peu. C'est pourquoi cette technique donne une pigmentation lumineuse et une légèreté à l'oeuvre. Ses pastels sont surtout des grands formats réalisés sur papier ou carton. Le résultat des tableaux réalisés au pastel est magnifique vu ce travail de couleur. Dommage qu'il ne soit pas plus exploité.
Voilà donc un ensemble de techniques exploitées différemment par l'artiste mais donnant pour chacune un bon résultat.